Sébastien Lord participait récemment à une table ronde au Centre canadien d’architecture (CCA), à Montréal, qui suivait la projection d’un documentaire explorant des exemples de logements pour aînés dans le monde. Celui de Barcelone se démarque, dit-il. « Il y a un souci d’installer ces résidences aux bons endroits dans la ville, avec des espaces publics intéressants, des commerces – et pas seulement des pharmacies –, des lieux pour pouvoir continuer à vivre. Il y a cette préoccupation de continuité. On est loin de la résidence pour personnes âgées d’ici. On est dans un environnement plus normal. »

Tiré du documentaire Where we grow older (CCA, 2023, 30 min), divers projets de résidences pour aînés, Barcelone, Espagne. Conçu par la directrice du CCA, Giovanna Borasi, réalisé par Daniel Schwartz et produit par le CCA, ce documentaire examine en quoi la croissance démographique vieillissante remodèle les constructions architecturales et sociales, en plus d’examiner le rôle du design urbain et de la politique face à ces défis.
Mais pour se déplacer dans la ville et en profiter, l’espace doit être accessible à tous et à toutes, qu’importe leur âge et leurs conditions, écrit de son côté François Racine, professeur-chercheur en design urbain et urbanisme à l’UQAM. Mal pensés, les espaces publics peuvent être source de fatigue et de stress. Le design urbain, l’urbanisme et l’architecture offrent des outils précieux pour évaluer trois dimensions essentielles à un espace réfléchi : le confort, la lisibilité et la clarté géométrique. Respecter ces critères dès la conception, conclut-il, permet d’éviter des ajustements coûteux et tardifs.
Comme ceux qui auront cours à la nouvelle Place des Montréalaises : l’aménagement de 100 millions de dollars, inauguré le 17 mai dernier, après quatre ans de travaux, était parsemé le printemps dernier de cônes orange en raison de chutes multiples, causées par les rigoles et les dénivelés de béton, sans contraste de couleur ni signalisation*.
* Des solutions ont depuis été mises en œuvre pour prévenir les chutes, notamment la pose de grilles sur les rigoles.

L’idée que la retraite signe l’entrée dans une vie immobile et ralentie est trompeuse. – Unsplash
Autre titre complémentaire de cette série, Habiter pleinement sa ville : trois mythes à déconstruire sur la mobilité des aînés. Sébastien Lord, professeur d’urbanisme à l’École d’urbanisme et d’architecture de paysage de l’Université de Montréal, estime important de remettre en question trois mythes autour des personnes aînées dans la ville :
- Avec la retraite, la vie devient tranquille
- Après la voiture vient le transport en commun
- Vieillir, c’est déménager vers un milieu plus adapté
À son avis, vieillir ne signifie pas « disparaître de l’espace public », mais continuer à l’habiter pleinement, autrement, et se sentir maître de ses déplacements.
La suite Espaces publics et population vieillissante
La suite Habiter pleinement sa ville
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