Préparer l’après-COVID – L’urgence de changer nos façons de concevoir Centers for Disease Control and Prevention

Les nouvelles directives pour combattre la crise imposent un frein. Notre organisation du travail s’en trouve affectée, mais FORMES demeure présent pour poursuivre la réflexion en cette période charnière. Nous préparons une édition spéciale pour aborder l’après-COVID. Nous profitons de l'infolettre du 26 mars 2020 pour aborder quelques thèmes. Je vous invite à consulter l’ensemble des textes de l'infolettre. Et aussi à nous soutenir dans notre mission.

L'infolettre du 26 mars 2020 propose divers textes faisant le pont entre les crises sanitaire et environnementale ainsi que les pratiques de l’architecture et de l’aménagement du territoire. D’abord, un texte du site La conversation brosse un portrait stupéfiant entre les mesures draconiennes pour atténuer la menace de la COVID-19 et à l'opposé l’absence d’action efficace contre les changements climatiques, malgré des similitudes entre les deux menaces. Pour sa part, l’architecte Jean-Paul Boudreau rappelle l’observation du GIEC que « le système Terre se fragilise et que l’Homme provoque des changements révolutionnaires dans l’ordre géologique et dans l’ordre social. C’est le début d’une nouvelle ère géologique qu’on appelle “l’anthropocène” ». Il documente en puisant auprès de visionnaires, fait un rappel historique, noue réchauffement climatique et crise sanitaire – « que sont ces deux phénomènes si ce n’est qu’un stupéfiant retour du réel ». Puis on se projette en arrière en 2015 avec un texte de l’urbaniste Serge Filion sur la COP21, un rappel significatif, un propos éclairé et d’une étonnante actualité.

Nos tribunes numériques prennent le relais pour débattre des enjeux. J’emprunte la terminologie d’une précieuse collaboratrice, « il faut profiter de la crise pour inaugurer une nouvelle voie de développement ». Le dénouement de cette crise sera-t-il une occasion inouïe de questionner nos façons de faire, d’entreprendre un virage serré par rapport aux pratiques architecturales et territoriales, qui se doivent d’être plus harmonieuses et respectueuses de notre environnement ? L’environnement, cette autre crise planétaire malheureusement éclipsée derrière la crise actuelle du COVID, il faudra très tôt s’y attarder, d’autant plus que ces deux crises sont dans une certaine mesure interreliées, partagent bien des points communs.

L’après-crise nous fera-t-elle cheminer vers une meilleure façon de concevoir, nous entrainer vers le durable ou, crainte soulevée par certains interlocuteurs, de tabler sur une relance économique « facile », en stimulant des secteurs traditionnels, du fossile aux infrastructures autoroutières, plutôt que de miser sur une réelle transition énergétique. Certes, facile à dire, ce changement de paradigme n’est pas simple, mais il est porteur. Il y a de quoi à réfléchir.

On s’y attardera dans notre édition spéciale. Parmi les avenues questionnées, l’écart entre les mesures draconiennes pour atténuer la menace de la COVID-19 et l’absence d’action efficace contre les changements climatiques (lire La conversation), la thèse de l’anthropocène – nouvelle ère géologique déterminante, comment appliquer à l’architecture et au territoire les leçons tirées du discours d’Yves-Marie Abraham sur la notion de « décroissance » ? Par ailleurs, le mouvement « Shift Project » (les Shifters Montréal) de Jean-Marc Jancovici, un ingénieur français qui prône une décarbonisation de l'économie. Également, la réflexion des cosignataires du Manifeste pour une frugalité heureuse, Philippe Madec (architecte-urbaniste), Dominique Gauzin Müller (architecte) et Alain Bornarel (ingénieur). Ce manifeste, notent-ils, « ouvre les chemins de la frugalité, alternatifs aux visions technicistes, productivistes, gaspilleuses en énergie et en ressources de toutes sortes ». Le mouvement « Low tech » est une autre tendance, celle d’un changement de modèle pour une façon de construire technologiquement plus sobre, mouvement notamment appuyé par Julia Watson et l'ingénieur français Philippe Bihouix, ce dernier préconisant une planification de la décroissance.


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