Le regard du terrain : quand la précision fait toute la différence BSDQ

Chaque projet commence bien avant le chantier. Il prend forme à travers des plans et des devis qui deviendront la référence de tous les intervenants.

En tant que vice-président de Construction Vincent Lemay, une entreprise spécialisée en système intérieur, et ambassadeur du BSDQ, Dave Flannery est aux premières loges de cette réalité au quotidien. Dans ce témoignage, il partage son regard sur le terrain, les situations qu’il observe régulièrement et les ajustements qui peuvent contribuer à des soumissions comparables et compétitives, au bénéfice de toute l’industrie.

« L’architecte est un peu le chef d’orchestre du projet. Plus les informations sont précises et quantifiables, moins il y a de place à l’interprétation. Au final, tout le monde travaille avec les mêmes références. »

Penser aux entrepreneurs qui liront les plans

Pour Dave, tout ce qui peut être quantifié devrait l’être. Superficies, quantités, pourcentages de remplacement : ces informations permettent d’éliminer les suppositions et de s’assurer que tous les soumissionnaires évaluent les travaux sur une même base.

Certaines informations essentielles se retrouvent toutefois uniquement dans les plans mécaniques ou électriques. Les entrepreneurs spécialisés doivent alors croiser plusieurs jeux de plans pour déterminer l’étendue réelle des travaux. Reprendre ces informations aux plans d’architecture lorsqu’elles sont déjà connues permet de simplifier l’analyse et de réduire les zones grises.

Dave Flannery évoque un exemple fréquent : « Lors de projets de rénovation, un plan d’architecture peut montrer l’intervention sur un seul mur, tandis que les plans électriques prévoient le remplacement des prises dans tout le local. Sans une coordination claire entre les disciplines, certains travaux de gypse ou de finition risquent d’être interprétés différemment d’un soumissionnaire à l’autre. »

Comparer des pommes avec des pommes

Pour Dave, l’objectif est simple : permettre à tous les entrepreneurs de chiffrer exactement le même projet.

« On veut que les dix soumissionnaires aient les mêmes réflexes et incluent les mêmes éléments. Ça permet de comparer des pommes avec des pommes, pas des pommes avec des oranges. »

Il souligne également l’importance de prévoir des équivalences de produits lorsque cela est possible. Dave donne l’exemple des systèmes intérieurs, où plusieurs fabricants reconnus – comme CGC, Armstrong ou CertainTeed – peuvent répondre aux mêmes besoins. Lorsqu’un seul produit est spécifié aux plans, certains entrepreneurs peuvent être limités dans leur capacité à proposer leur meilleur prix. À l’inverse, offrir des options reconnues permet à un plus grand nombre de soumissionnaires de participer pleinement au processus et contribue à une concurrence plus saine, et ultimement un meilleur prix.

Limiter les ajustements de dernière minute

Lorsque les plans sont complets et bien coordonnés dès le départ, le besoin de multiplier les addendas diminue. Chaque précision apportée en amont permet d’éviter des demandes de clarification et facilite le travail de l’ensemble des intervenants.

Et lorsqu’un addenda est tout de même nécessaire, un geste simple peut faire gagner un temps précieux : joindre directement la page de plan révisée plutôt que de seulement décrire la modification. Une référence claire permet à tous d’identifier rapidement les changements et d’en limiter les risques d’interprétation.

Dave rappelle également que certaines modifications émises très tardivement peuvent avoir des répercussions importantes. Lorsqu’un addenda survient après la fermeture des soumissions au BSDQ, les ajustements de prix peuvent ensuite être négociés une fois le contrat octroyé, sans que la concurrence initiale puisse pleinement jouer son rôle. Une coordination rigoureuse en amont contribue donc aussi à s’assurer une plus grande compétition, au bénéfice du donneur d’ouvrage.

Le BSDQ, en raison de sa position à travers le processus de soumission entre les entrepreneurs spécialisés et généraux, voit tous les jours l’impact que certaines zones grises qui laissent place à des interprétations peut avoir sur la qualité, la quantité et la comparabilité des soumissions déposées en sous-traitance.

« Le rôle de l’architecte ne consiste pas seulement à concevoir un projet : il est aussi d’orchestrer l’information qui permettra à chaque intervenant de jouer sa partition. » Lorsque tous travaillent à partir des mêmes repères, les soumissions sont plus justes, la concurrence est plus saine et les projets démarrent sur des bases solides.

Pour un architecte, bien comprendre les réalités des entrepreneurs spécialisés devient un vrai avantage pour rendre des projets à coût plus juste. Le BSDQ est là pour les accompagner, les informer et les sensibiliser à ces réalités, il offre d’ailleurs des formations spécifiques aux professionnels et donneurs d’ouvrage sans frais, en webinaire, tous les mois.

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