Le design graphique québécois en cinq décennies de créativité Source : Louis Lapointe

Le Centre de design de l’UQAM propose une exposition intitulée : « Le design graphique, ça bouge! ». À l’occasion du 50e anniversaire de l’Université du Québec à Montréal, l’exposition brosse un portrait des développements les plus significatifs réalisés par une cinquantaine de ses meilleures agences, à partir de projets qui marquent notre histoire.

Marc H. Choko, commissaire de l’exposition, est l’auteur de nombreux rapports, articles et ouvrages sur le développement urbain et les questions de logement, et ce tant sur la scène nationale qu’internationale. De 2008 à 2018, il a été responsable du cours Design graphique et culture à l’École de design de l’UQAM. L’exposition est pour lui l’aboutissement d’une longue réflexion issue de son expérience en tant qu’enseignant et fut constituée au fil des ans, sur la base de contacts privilégiés avec les gens du milieu.

« À la base, précise M. Choko l’idée était de montrer un panorama des diverses pratiques, car pour moi, le design graphique est présent dans notre vie de tous les jours, quelquefois à notre insu, puisqu’il est lié à la consommation de masse qui est en soi des plus représentatives de notre société. Mais bien que faisant partie du paysage urbain, les plateformes numériques lui offrent maintenant un accès sans limites et, où que l’on soit, on est exposé au design graphique ».

À cet effet, ajoute-t-il, « le titre de l’exposition exprime à la fois la transformation des approches internes du design et de leurs influences, mais l’expression ça bouge veut aussi littéralement dire que le design est maintenant animé, grâce à la vidéo, l’Internet et les nouvelles technologies ». C’est un secteur qui évolue à grande vitesse, tout en intégrant davantage l’image en mouvement à travers de nombreuses déclinaisons appliquées au multimédia, telles que les sites web, les jeux vidéo, les génériques de films et d’émissions de télévision, etc. Le design graphique, comme élément d’architecture urbaine, est notamment représenté par la signalétique, les parcours multimédias et les projections murales.

« L’autre objectif de l’exposition, poursuit M. Choko, était de contribuer à faire reconnaitre le design graphique comme un art contemporain. De fait, ce n’est pas d’hier que l’on dénigre la valeur de sa pratique car, dès les années 1920, on le ramenait au rang d’art commercial (commercial art). Mais les choses ont bien changé et je crois que Montréal est maintenant devenue l’une des capitales du design graphique dans le monde, alors que plusieurs entreprises sont très actives hors du Québec, et font leur marque à l’international ».

La majorité des pièces exposées proviennent d’entreprises montréalaises, et bon nombre des participants sont passés par l’UQAM. Mais on retrouve aussi des projets réalisés par des designers d’autres régions du Québec.

Ce projet a été réalisé grâce à une équipe de professionnels, dont Louis-Charles Lasnier, qui a collaboré à la mise en espace d’un très grand nombre d’expositions pour des musées montréalais et québécois. Il est aussi chargé de cours à l’UQAM où il enseigne le design d’exposition et la signalétique. Un autre acteur important a été Victor Bernaudon, titulaire d’un baccalauréat en design de l’environnement et chargé de projet au Centre de design.

Aux dires du commissaire, « à propos du mobilier qui a été conçu pour l’exposition, on l’a pensé de façon à pouvoir s’adapter à des fins itinérantes. Pour cette raison, toutes les pièces ont été imprimées directement sur la matière première et toutes les cabines modulaires s’assemblent, se démontent et s’empilent, afin de faciliter le transport et de pouvoir s’adapter à divers espaces d’exposition. Après Montréal, la prochaine destination sera Rouyn-Noranda, avant de poursuivre sa trajectoire vers d’autres lieux de la province ».  

En conclusion, M. Choko désire préciser que le design graphique n’est pas que de l’habillage de plus ou moins bonne qualité ni une performance technique en soi. « Que l’on crée un emballage, un livre, un logo, une signalisation ou un site web, il y a une commande avec une information à transmettre de façon efficace et, dans les meilleurs des cas, avec une bonne qualité visuelle. D’où la difficulté de cet exercice, de cette pratique, qui demande non seulement des outils (plus ou moins sophistiqués), des connaissances, mais aussi une réflexion, une culture, une créativité, une capacité d’écoute et de collaboration, quel que soit le produit ».

On peut visiter l’exposition « Le design graphique, ça bouge ! »au Centre de design de l’UQAM jusqu’au 2 février 2020.

Adresse et heures d’ouverture : 1440, rue Sanguinet Métro Berri-UQAM Entrée libre du mercredi au dimanche entre midi et 18 h

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