Le Diamant de Québec - Métamorphose architecturale Photo : Stéphane Groleau

En plein cœur du quartier historique de Québec, l’ancien YMCA devient Le Diamant. Le colloque annuel du CEBQ (Conseil de l’enveloppe du bâtiment du Québec) a été l’occasion d’une présentation de ce projet par Louis Caron, directeur technique, technologue principal en architecture chez Coarchitecture.

Lieu de création et de diffusion des arts de la scène, Le Diamant est un projet aux multiples facettes, dont la conception et la réalisation ont mobilisé de nombreux spécialistes autour de problématiques patrimoniale, urbanistique et programmatique, mais aussi technique, énergétique ou encore économique. Un bref retour sur son histoire permet de mieux comprendre le contexte dans lequel s’est développée l’opération.

Côté programmatique, il s’agit avant tout d’intégrer sur un site aux dimensions exiguës l’ensemble des locaux prévus par le cahier des charges, dont une salle à configuration variable de 650 places. La compagnie multidisciplinaire Ex Machina, parmi les futurs occupants des lieux, souhaite effectivement disposer d’un lieu de diffusion modulable, en plus d’un studio de création où seront conçus tous ses spectacles.

Côté urbanistique, il s’agit de s’insérer au tissu de la ville en reliant deux places existantes, Youville et Aiguillon, cela en réactivant la diagonale qui les traversait autrefois depuis la haute-ville et la basse-ville. La nouvelle intervention s’implante ainsi sur les traces du grand axe urbain, et l’extrude dans les trois dimensions.

Stéphane Groleau

Côté patrimonial, il s’agit de combiner la construction d’une extension contemporaine à la rénovation d’un bâtiment existant. Le ministère de la Culture et la Ville de Québec exigeant le maintien du « visage » de l’édifice, sa structure de bois s’avérant en trop mauvais état et, dans tous les cas, non adaptée aux besoins et aux codes en vigueur, la décision est prise de démanteler celle-ci pour n’en conserver que les sections les plus intéressantes, ainsi que les façades patrimoniales. La toiture est quant à elle entièrement démolie (ayant été grandement modifiée au fil des années), pour être reconstituée telle qu’à l’origine. Des recherches parmi les archives photographiques et les dessins originaux de Peachy permettront de lui redonner son profil en mansarde et sa couverture en ardoise.

Concernant le relevé des autres ouvrages, la technologie par « nuage de points » s’avérera le médium le plus approprié à leur modélisation. Une fois les images réalisées, on procède à l’enlèvement de la structure arrière et à l’installation d’un ouvrage d’acier assurant le maintien de la maçonnerie durant sa rénovation.

Relevé de l’existant par la technique du « nuage de points ». Source : © Coarchitecture

Les travaux sont menés pierre par pierre, fenêtre par fenêtre, les façades étant composées à près de 60 % d’ouvertures. L’enjeu est de respecter l’esprit de l’époque, tout en profitant des techniques d’aujourd’hui – notamment, systèmes MEP (mécanique, électricité et plomberie) et thermopompe à capacité variable, démultiplication et décentralisation du contrôle des espaces pour une adaptation optimale aux conditions de température extérieure et intérieure.

Côté extension, enfin, un travail est mené en étroite collaboration avec les ingénieurs mécaniques (Dupras Ledoux/Ambioner), de façon à intégrer les paramètres énergétiques à la conception de la nouvelle enveloppe de verre. Son profil en facettes résulte ainsi d’études poussées sur l’exposition solaire, et l’intégration d’une sérigraphie, outre l’aspect esthétique, assure le contrôle thermique des espaces intérieurs. Miroir le jour, Le Diamant s’illumine de mille feux les soirs de spectacle, dessinant une toile de fond à l’édifice historique de l’ancien YMCA. Jacques Cartier tient enfin son trésor !

Stéphane Groleau

Principaux collaborateurs

Architecture – Coarchitecture, in situ atelier d’architecture, Jacques Plante architecte

Structure – Tetra Tech

Électromécanique – Dupras Ledoux/Ambioner

Scénographie – Trizart

Acoustique – WSP

Gérance de construction – Pomerleau

 

Le Diamant en quelques chiffres

85 000 pi² – (8 000 m²) de surface plancher

20 600 pi² – (1 915 m²) de surface parcellaire

600 places assises dans la salle de diffusion

Plus de 2 000 ancrages adaptés à la maçonnerie existante

35 000 $ de coût de construction à l’origine

28 M$ de coût de rénovation aujourd’hui


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